Vous êtes-vous déjà arrêté net devant une voiture, non pas pour sa puissance, mais pour son aura ? Comme si chaque courbe racontait une histoire d’audace, de folie créative, d’un temps où l’automobile n’était pas seulement un moyen de transport, mais une œuvre d’art. À Mulhouse, ce frisson, vous pouvez le vivre en chair et en os. La Cité de l’Automobile abrite la plus exceptionnelle collection Bugatti du monde – une galerie vivante où le moteur ronronne encore dans les mémoires.
La Cité de l’Automobile : écrin de la plus grande collection Bugatti
Derrière les murs d’une ancienne usine textile alsacienne se cache un trésor industriel unique. Ce n’est pas un constructeur qui a bâti ce sanctuaire, mais deux frères passionnés, les Schlumpf, dont l’histoire tient autant du mythe que de la réalité. Dans les années 1960, alors qu’ils dirigent une usine de tissage prospère, ils accumulent en secret des voitures d’exception. Des modèles rares, souvent introuvables, qu’ils font venir de toute l’Europe. Leur rêve ? Créer un musée privé digne des plus grands. En 1977, la vérité éclate : des centaines de bolides dorment dans les sous-sols de leur usine. Une découverte qui bouleverse le monde de l’automobile.
Le site est aujourd’hui devenu le Musée National de l’Automobile – Collection Schlumpf, un lieu incontournable pour tout amateur de mécanique noble. Plus de 450 véhicules y sont exposés, répartis sur plusieurs niveaux, dans un parcours à la fois chronologique et thématique. L’immensité des lieux, alliée à un éclairage soigné, donne à chaque voiture la place d’un tableau dans un musée d’art. Et au cœur de cette galerie mécanique, trône la dynastie Bugatti – non pas en invité d’honneur, mais en souveraine incontestée.
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L’héritage fascinant des frères Schlumpf
Leur collection n’était pas destinée au public. Elle naît d’une passion presque obsessionnelle. Les frères Schlumpf, riches industriels, utilisent une partie de leurs bénéfices pour acquérir des voitures d’exception, souvent en ruinant des collectionneurs désargentés. Leur goût ? Les marques prestigieuses, les modèles rares, les voitures qui ont fait l’histoire. Bugatti, bien sûr, mais aussi Rolls-Royce, Mercedes, Delahaye. Lorsque l’usine ferme en 1977, les ouvriers découvrent l’incroyable trésor caché. Des dizaines de Bugatti, intactes, alignées comme des soldats d’acier. Ce choc culturel mène à la création du musée public, aujourd’hui classé monument historique.
Un inventaire des modèles exposés à Mulhouse
La collection Bugatti représente une part majeure du musée, mais elle s’inscrit dans un ensemble plus large. On y trouve des véhicules allant des premières voitures à vapeur aux Formule 1 des années 90. Pourtant, c’est bien dans l’aile dédiée à Molsheim que l’on ressent une intensité particulière. Des modèles comme la Bugatti Type 35, légende des circuits des années 1920, côtoient des prototypes de luxe comme la Type 57 Atlantic, dont seuls quatre exemplaires ont été construits. Chaque voiture est présentée comme une pièce de musée, avec un éclairage doux, une plaque explicative concise, et surtout, une absence totale de barrière physique – on peut presque toucher la carrosserie.
Les chefs-d’œuvre de la dynastie Ettore Bugatti
Ettore Bugatti n’était pas seulement un ingénieur. C’était un artiste. Né en Italie, installé en Alsace, il conçoit ses voitures comme des sculptures en mouvement. Chaque détail, du radiateur à la poignée de porte, est pensé comme une œuvre d’art. Le savoir-faire artisanal de son usine de Molsheim repose sur des techniques de fonderie, de sculpture et de marqueterie rares, parfois oubliées aujourd’hui. La ligne fluide, les grilles en forme d’huit, les emblèmes d’éléphant : tout contribue à une identité visuelle inimitable. Et quand on sait que certaines pièces étaient usinées à la main, avec une précision d’horloger, on comprend pourquoi ces voitures sont autant chéries par les collectionneurs.
| Modèle | Année de production | Caractéristique marquante |
|---|---|---|
| Bugatti Type 35 | 1924 | Plus de 1 000 victoires en course, roues en alliage léger |
| Bugatti Royale (Type 41) | 1927 | 6,4 mètres de long, moteur 12,7 L, luxe absolu |
| Bugatti Type 57 Atlantic | 1936 | Carrosserie aérodynamique, toit en dôme, rarissime |
| Bugatti Veyron | 2005 | 1 001 ch, 415 km/h, hommage moderne à la légende |
La Bugatti Royale : rencontre avec le mythe automobile
Il y a des voitures, et puis il y a des légendes. La Bugatti Royale, ou Type 41, appartient à cette dernière catégorie. Conçue dans les années 1920, elle n’a jamais été pensée pour être vendue. Son but ? Être la voiture la plus luxueuse, la plus imposante, la plus inatteignable du monde. Seuls sept exemplaires ont été fabriqués. Aujourd’hui, quatre d’entre eux sont exposés à Mulhouse – une concentration inégalée.
Le prestige de la Type 41 Coupé Napoléon
Le Coupé Napoléon, nommé en hommage au grand-père d’Ettore, est l’un des joyaux de la collection. Avec ses 6,4 mètres de long, son capot interminable et ses finitions en bois précieux, elle incarne une époque révolue où l’automobile était un symbole de pouvoir. Son intérieur, tapissé de cuir et de tissus nobles, semble sorti d’un palais. L’emblème du radiateur, un éléphant sculpté par Rembrandt Bugatti, frère d’Ettore, ajoute une touche d’art pur. Cette pièce, à elle seule, vaut le déplacement.
Anecdotes de conception et prouesses techniques
Le défi d’Ettore ? Créer un moteur capable de propulser cette masse avec élégance. Résultat : un 8 cylindres en ligne de 12,7 litres, l’un des plus gros jamais montés sur une voiture de série. Malgré son gabarit, la Royale n’est pas un monstre rugissant, mais une voiture silencieuse, fluide, presque discrète. Ce paradoxe – une puissance immense au service de la douceur – résume l’ADN Bugatti. Chaque pièce du moteur était ajustée à la main, sans jeu, garantissant une fluidité parfaite. En clair, ce n’était pas une voiture, c’était un bijou mécanique.
- Élément emblématique : l’éléphant du radiateur, sculpture originale de Rembrandt Bugatti
- Finitions intérieures : bois de palissandre, cuir vieilli, moquette épaisse
- Châssis 41100 : le premier exemplaire jamais construit, conservé dans un état exceptionnel
Conseils pratiques pour une visite immersive réussie
Le musée se visite en deux à trois heures pour une découverte approfondie. Si vous êtes pressé, un parcours express en 90 minutes permet de voir les pièces majeures – notamment la Royale et la Type 35. Pour les passionnés, un itinéraire thématique autour de la course automobile ou du design des années 1930 offre une lecture plus fine. L’audioguide, disponible en plusieurs langues, est fortement recommandé : il enrichit chaque voiture d’anecdotes techniques et historiques, sans alourdir le parcours.
Parcours thématiques et temps de visite conseillé
Le musée propose plusieurs parcours balisés : « Les Grandes Routières », « Les Reines de la Piste », ou encore « L’Âge d’Or du Design ». Chaque itinéraire met en lumière une facette différente de la collection. En semaine, l’affluence est moindre, idéale pour s’attarder devant les pièces rares. Les week-ends attirent les familles, mais restent bien gérés grâce à un flux de visiteurs organisé. Prévoyez des chaussures confortables : les allées sont longues, les espaces vastes.
Activités annexes et simulateurs de conduite
Le musée ne se contente pas d’exposer des voitures figées. Il les fait vivre. Des simulateurs de conduite permettent de « piloter » une Bugatti Type 35 sur le circuit de Monaco, avec accélération, vibrations et son moteur d’époque. Des démonstrations de démarrage de moteurs anciens ont lieu à heures fixes – un moment magique où l’on entend rugir des blocs de 80 ans. Pour les enfants, des ateliers ludiques expliquent la mécanique de façon simple. Résultat ? Une visite vivante, presque théâtrale.
- Préférez une visite en milieu de semaine pour plus de tranquillité
- Bénéficiez de l’audioguide pour enrichir votre découverte
- Ne ratez pas les démonstrations de démarrage de moteurs
Questions fréquentes
Vaut-il mieux visiter le musée en semaine ou durant le week-end ?
Oui, privilégiez le milieu de semaine si vous souhaitez éviter les files d’attente et profiter pleinement des pièces rares comme la Royale. Les week-ends attirent les familles, mais le musée reste bien organisé malgré l’affluence.
Le musée est-il uniquement dédié aux voitures de luxe ?
Non, bien que la collection Bugatti soit spectaculaire, le musée présente aussi des ancêtres de l’automobile, des véhicules populaires et une section impressionnante dédiée aux Formule 1. La diversité des modèles en fait un lieu complet, à la fois technique et historique.
Comment faire si j’accompagne quelqu’un qui n’aime pas la mécanique ?
Même sans passion pour les moteurs, on peut apprécier le lieu comme une galerie d’art. Le design des carrosseries, l’histoire industrielle des frères Schlumpf ou l’esthétique des intérieurs en cuir et bois séduisent les amateurs d’histoire, d’art ou de patrimoine.